12/02/2006

jeanne moreau retrospective

En février, au Musée du cinéma, rétrospective Jeanne Moreau avec une trentaine de ses films, comme actrice ou comme réalisatrice

 

Générosité, ardeur, complicité, compréhension de la fragilité humaine, tout cela peut se lire à l'écran quand Jeanne Moreau joue. " François Truffaut, qui l'avait dirigée dans l'inoubliable Jules et Jim et dans La mariée était en noir, parlait d'or, évoquant quelques-unes des qualités d'une comédienne d'exception.
Son talent, Jeanne Moreau l'exprime d'abord au théâtre, plus précisément à la Comédie-Française et au TNP de Jean Vilar. A l'écran, on la découvre dans un premier temps dans des productions classiques -
Touchez pas au grisbi (Jacques Becker, 1953) ; Les intrigantes (Henri Decoin, 1954) ; Gas-oil (Gilles Grangier, 1955). Vient ensuite la nouvelle vague et, en 1957, la rencontre avec Louis Malle, pour un film qui frappe les esprits, Ascenseur pour l'échafaud, bientôt suivi d'un autre qui la consacre star, Les amants (1958).
A compter de ce moment, Jeanne Moreau tournera avec les plus grands, " choisissant autant qu'elle a été choisie ", pour reprendre l'expression de son biographe, Jean-Claude Moireau. Outre François Truffaut, qui la fait tourner dans un film à jamais emblématique, les années 60 consacrent les rencontres entre l'actrice et Peter Brook (
Moderato cantabile, 1960), Michelangelo Antonioni (La notte, 1960), Jacques Demy (La baie des anges, 1962), Joseph Losey (Eva, 1962), Luis Buñuel (Le journal d'une femme de chambre, 1964), et Orson Welles, bien sûr, (The trial, 1962, The immortal story, 1966) . Impressionnante, la liste n'est pourtant pas exhaustive, le parcours de Jeanne Moreau apparaissant sans véritable équivalent, pour une filmographie marquée à la fois du sceau de la qualité, de l'exigence, de l'audace et de la passion. Ces caractéristiques ne se démentent pas par la suite, que ce soit auprès de Carlos Diegues (Joanna Francesca, 1973), de Bertrand Blier (Les valseuses, 1973) ou de Marguerite Duras (Nathalie Granger, 1972). Entre l'écrivain et la comédienne, les affinités sont d'ailleurs évidentes : la carrière de la seconde croise régulièrement l'œuvre ou la vie de la première, jusqu'au récent Cet amour-là, de Josée Dayan. Entre-temps, il y aura eu aussi Elia Kazan (The last tycoon, 1976), Rainer Werner Fassbinder (Querelle, 1982), Michel Deville (Le Paltoquet, 1986), parmi les nombreux temps forts d'un itinéraire éblouissant, qui voit encore Jeanne Moreau signer deux films, Lumière (1975) et L'adolescente (1978).

Musée du cinéma

9, rue Baron Horta
1000 Bruxelles
Tel: 02 507 83 70

 

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